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Rencontre avec le Duc Antoine de Lévis Mirepoix

Le journal de la commune de Lévis-Saint-Nom, Lévis Info, a publié en mars 2012 une interview d’Antoine de Lévis-Mirepoix. L’occasion de découvrir dans le détail l’histoire de la famille Lévis-Mirepoix, les liens étroits qui l’unissent à la commune et la riche personnalité de l’actuel propriétaire de l’abbaye. Morceaux choisis.

 

Lévis Info : Pouvez-vous nous éclairer sur le lien étroit qui  unit votre nom à celui de notre village ?

 

Antoine de Lévis-Mirepoix : Selon la légende, Lévis aurait été baptisé immédiatement après Clovis soit en l’an 498 ou 499. D’où notre devise « Dieu aide au second chrétien Lévis».

Si l’on se réfère à des écrits, il semblerait que le nom de Lévis soit mentionné pour la première fois dans un diplôme de Charlemagne, en 774.

Mais c’est en 1197, dans le texte d’un traité avec l’Angleterre, qu’apparait formellement un Lévis, Philippe, comme garant du Roi de France. C’est ce même Philippe qui se verra octroyer les terres sur lesquelles se trouve aujourd’hui  la commune de Lévis.

 

Lévis Info : Votre nom est associé à la ville de Mirepoix en Ariège

 

Antoine de Lévis-Mirepoix : Gui Ier de Lévis s’est illustré dans la croisade des Albigeois au XIIIe siècle. Lieutenant de Simon de Montfort, il reçut le fief de Mirepoix en Ariège (en 1209) qui fut érigé en évêché par le pape Jean XXII en 1317.

Un autre Philippe de Lévis, évêque de Mirepoix, construisit la cathédrale actuelle et le fief de Montségur (en 1226).

Gui Ier, le seul « baron du Nord » de la croisade à être resté dans le Midi, était le garant de l’autorité royale en ces terres lointaines du Languedoc.

 

Lévis Info : Votre nom est également associé à Lévis, ville du Québec, dont le blason est très ressemblant à celui de Lévis -Saint-Nom

 

Antoine de Lévis-Mirepoix : La ville de Lévis, située devant Québec, au Canada, a été nommée ainsi en l’honneur du duc de Ventadour, Henri de Lévis, lieutenant général du roi Louis XIII en Languedoc et vice-roi de la Nouvelle-France (1625-1631) qui s’étendait sur le Canada, l’Acadie et la Louisiane.

Or, bien qu’en étant le vice-roi, il ne se rendit jamais au Canada. Heureusement un autre Lévis, François-Gaston, dit le Chevalier de Lévis, participa avec Montcalm à la guerre d’indépendance du Québec contre les Anglais.

Après la mort de Montcalm il prit le commandement et mena les Québécois à leur seule victoire, celle de la bataille de Sainte Foy. On peut admirer la statue de François-Gaston de Lévis sur la façade du Parlement de Québec.

Il est normal que les blasons de Lévis et de Lévis -Saint Nom se ressemblent puisqu’ils sont tous deux issus du blason familial « D’or à trois chevrons de sable ».

 

Lévis Info : Aujourd’hui vous voulez que l’association Notre-Dame de la Roche soit également un centre de rayonnement culturel ouvert sur la vallée de Chevreuse.

 

Antoine de Lévis-Mirepoix : Je souhaite que l’association, distincte du Centre d’Études et de Formation Professionnelle, puisse se développer, outre le centre, autour de deux pôles : un pôle culturel au sens large et un pôle écologie- environnement.

Il est clair que l’aspect historique et culturel découle du lieu lui-même. Et que l’environnement  se place  dans la ligne directe de l’horticulture.

Mon objectif est de promouvoir pour l’association des activités qui aient du sens (en rapport avec sa vocation première et l’histoire) et qui permettent à Notre-Dame de La Roche, un temps repliée sur elle-même, de « rayonner » à nouveau, de prendre sa place naturelle dans son voisinage et son environnement.

Ouvrir l’Abbaye sur la vallée de Chevreuse, sur le Parc, la « re-lier » aux deux autres abbayes, Port-Royal et Les Vaux-de-Cernay me semble une évidence.

Il m’apparaît tout aussi important de restituer à ce lieu sa qualité de  patrimoine, pour que les habitants du proche voisinage puissent dans leur esprit et dans leur cœur se le réapproprier.

Et aussi, afin que les autorités officielles le considèrent comme un élément, certes modeste, certes familial, certes régional mais d’une incontestable valeur, parmi le vaste ensemble du patrimoine historique de la France.

 

Lévis Info : Vous êtes un homme aux multiples facettes, diplomate, enseignant, écrivain, éleveur, membre de l’Académie des jeux floraux de Toulouse, consultant international Mercosur …

 

Antoine de Lévis-Mirepoix : Il est vrai que j’ai exercé des « professions » très diverses. Je pense que chaque être humain, même s’il ne le réalise pas toujours, est multiple, complexe. En ce qui me concerne, ces activités se sont succédées  dans le temps : d’abord enseignant, puis diplomate, puis chargé de Relations Internationales. Actuellement  éleveur, membre de l’Académie des Jeux Floraux, auteur de romans. Écrivain, je le suis depuis l’adolescence, mais n’ai pu le mettre vraiment  en pratique qu’à l’âge de 58 ans.

 

Lévis Info : Vous partagez votre temps entre la France et l’Argentine

Antoine de Lévis-Mirepoix : L’Argentine est le pays d’origine de ma mère. J’y ai passé mes cinq premières années. J’y retrouve aujourd’hui une partie de ma famille argentine bien que je vive éloigné de la capitale dans un chalet en rondins près de la Cordillère,  en Patagonie. Je partage aussi par moments la vie des hommes qui mènent à cheval les moutons que j’élève non loin, sur la «meseta ».

En France, je réside près de Toulouse dans le Tarn. J’y mène une vie moins sauvage qu’en Patagonie… Et  je viens souvent à Notre-Dame de La Roche.

 

Lévis Info : Vous avez publié deux romans : Le Passeur,  aux éditions Le Rocher en 2008 et  Le Crabe et l’Aube  en 2011 chez Atlantica. Quels en sont les sujets ?

 

Antoine de Lévis-Mirepoix : Le Passeur  conte  la trajectoire d’un homme, « passeur » dans la France occupée de 1940, qui devient passeur d’images, passeur d’idées, passeur d’âmes…

Le Crabe et l’Aube est le récit romancé d’une histoire vraie, celle des huit dernières années de la vie d’un ami très cher luttant contre un cancer. C’est à la fois une méditation sur la mort et un exemple d’espoir et de foi.

J’ai écrit deux autres romans, des nouvelles, des poèmes, des textes brefs, non publiés.

 

Lévis Info : Est-ce le cadre sauvage de la Patagonie qui vous a incité à devenir écrivain ou avez-vous hérité cette passion des belles lettres de votre grand-père, lui aussi nommé Antoine de Lévis Mirepoix qui fut membre de l’Académie française ?

 

Antoine de Lévis-Mirepoix : Mon grand-père, Antoine Pierre Marie François Joseph de Lévis Mirepoix,  Duc de Lévis Mirepoix,  décédé en 1981, romancier, historien et essayiste, fut élu à l’Académie française le 29 janvier 1953.  Ce grand-père a été pour moi un

«ouvreur», en ce sens qu’il a ouvert mon esprit à mille aspects de la vie, du monde des Lettres et du passé.

Sa sœur, sous le pseudonyme de Claude Silve,  écrivit plusieurs romans à succès, dont  La Cité des Lampes  au début du XXe siècle.

Un de nos aïeux, le Duc de Lévis, fils du Chevalier de Lévis du Canada, fut aussi un « Immortel ». De lui ont été publiés  Souvenirs et Portraits, Maximes et Réflexions . Il fut l’inventeur de la célèbre maxime « Noblesse oblige ». Vient de paraître le recueil des lettres qu’il écrivit à sa femme Pauline pendant la Révolution française, une  étonnante chronique au jour le jour de cette époque à travers une émouvante relation d’amour entre mari et femme séparés par les événements de l’histoire.

Comme vous le voyez, la Patagonie, en dépit de son halo de mystère, n’a que peu de lien avec ma vocation d’écrivain… dont je ne sais démêler la part héritée de la part qui m’est propre.

 

Lévis Info : Quel est votre rôle au sein  de l’Académie des Jeux Floraux de Toulouse ?

 

Antoine de Lévis-Mirepoix : Nous sommes en principe quarante « Mainteneurs » au sein de cette Académie, la plus ancienne d’Europe en activité (depuis 1323). Je n’y exerce  aucun rôle particulier puisque je ne réside pas sur place toute l’année. Comme tout Mainteneur je participe aux travaux réguliers de l’Académie quand je suis en France.

 

Lévis Info : Quels dont vos projets ?

 

Antoine de Lévis-Mirepoix : Développer l’Association Notre-Dame de La Roche avec l’aide des membres de mon conseil d’administration et du personnel du Centre que je tiens à remercier ici très profondément. Avec l’aide aussi des Lévissiens qui m’ont accueilli avec beaucoup de chaleur et de gentillesse à la cérémonie des vœux de Madame Anne Grignon. Je veux lui exprimer ma reconnaissance ainsi qu’à Monsieur le Député Vandewalle, et Messieurs Legay et Vidil. Je ne peux nommer toutes  les bonnes volontés qui se sont déjà manifestée et celles à venir. Qu’elles soient aussi et d’avance remerciées.

Pour ce qui est de l’écriture, je suis plongé dans mon cinquième roman, qui prendra plus de temps que les autres à naître.

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