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Les Plates tombes

Plates-tombe

Plate tombes

 

D’après le mémoire de maîtrise de Sonenn de Quelen (Université de Paris-IV Sorbonne, juin 2011)

Il existe à Notre Dame de la Roche des sépultures médiévales encore bien conservées. Contrairement aux sculptures funéraires des chevaliers, elles n’ont pas subi de restauration, à l’exception d’une seule. Elles ont fait l’objet d’études et fournissent de précieuses indications historiques.

 

L’effigie funéraire médiévale

Tombée en oubli avec la christianisation de l’Empire romain, la pierre tombale réapparait au Moyen Âge. Plates-tombes et gisants se multiplient dans les églises à compter du milieu du XIIIe siècle.

L’effigie funéraire en ronde-bosse, plus rare que les autres formes de représentation funéraire au Moyen Âge, semble  provenir des figurations peintes ou émaillées  placées au-dessus de certains tombeaux . À Royaumont, par exemple, l’effigie des enfants de Saint Louis, Jean et Blanche de Navarre, était peinte au-dessus de leur tombe.

 

Plate-tombe Clotaire 1er

Plate-tombe Clotaire 1er

 

 

Progressivement, les sculptures en ronde-bosse des défunts apparurent. Elles étaient placées à proximité de leurs tombes sous des niches à arcades, comme les célèbres statues rétrospectives de Clotaire I, fils de Clovis, et Sigebert I,

qui se trouvaient dans la crypte de  Saint-Médard de Soissons. Elles furent exécutées vers 1225 et surplombaient des plates-tombes un peu postérieures. Il est possible que leur représentation sculptée soit liée à l’exiguïté de la crypte, qui empêchait la mise en place de tombeaux à gisants, jugés trop encombrants.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il_Mausoleo_D'Isabella_d'Aragona. Autore Alfredo ledonne, foto scattata personalmente l'8 dicembre 2012

Il_Mausoleo_D’Isabella_d’Aragona

Ainsi, la sculpture funéraire commémorative se répandit, rappelant le souvenir des puissants, comme la sculpture tumulaire d’Isabelle  d’Aragon († 1271), agenouillée avec Philippe III, son époux, devant la Vierge, à Cosenza . Cependant, cette forme de monument resta toujours minoritaire.

Il semble donc tout à  fait plausible que les statues de Gui II et Gui III de Lévis, plus tardives, fassent   partie  de ce type  de  représentations. Elles  marquent  une  puissante   montée   de l’individualisme, tout en gardant les traits caractéristiques du gisant.

Malgré la différence de fonction de ces sculptures par rapport à celle de leur ancêtre, les tombiers se sont néanmoins inspirés de l’image de Gui I. Outre la position et le geste de prière, le costume et les effigies d’hérétiques rappellent le gisant du fondateur de l’abbaye de Notre-Dame de la Roche.

 

 

Les plates-tombes médiévales de Notre-Dame de la Roche

L’abbatiale abrite d’autres tombes, deux fragments  anonymes et effacés, trois épitaphes beaucoup plus tardives, datant du XVIIe et du XVIIIe siècles, et le caveau familial des Lévis,  du XIXe siècle.

Parmi les sépultures, on dénombre deux tombes de clercs, une tombe d’enfant, trois tombes de femmes. L’une d’entre elle est une tombe de bourgeoise. Fait rare, celle-ci réussit, à titre de donatrice,  à se faire enterrer dans l’église, avec les seigneurs et les ecclésiastiques.

Elles représentent, avec les monuments des chevaliers, un échantillon représentatif de plates-tombes.

 

 

 

La tombe de Gui de Gastine

Gui de Gastine b - copie

Située dans le chœur des religieux, elle a gardé son emplacement d’origine, à la croisée du transept, à côté de la tombe de son frère Geoffroy.

La tombe rectangulaire en pierre calcaire est très légèrement trapézoïdale.

Sa longueur est de 2,56 m, sa largeur est de  1,04 m à la base et de 1,06 m au sommet.

La hauteur du personnage est de 2,05 m. Le bandeau mesure 5 cm de large et il est placé à 3 cm du bord de la tombe.

La tombe, conservée dans son entier, est en bon état dans l’ensemble.

Elle n’a pas connu de restaurations. Cependant, une grande cassure, traversant de biais la tombe, en bas à droite, rend la lecture de certaines lettres impossible. D’autres  caractères, très usés – notamment  sur le côté droit de la dalle – sont illisibles.

Des traces de brûlures, d’origine inconnue, se remarquent à la base de la tombe.

Les fleurs de lys situées près de l’effigie,  ont été martelées sous la Révolution.

Le pinacle placé à la gauche de Gui est presque totalement effacé.

 

Description

Gui de Gastine est représenté sous une arcade ogivale trilobée. Portée par deux colonnes à chapiteaux  ornés de feuillages plats, elle est surmontée d’un gâble dont le tympan est tréflé, couronné d’un fleuron et orné de crosses végétales.

Aux remparts du gâble s’appuient deux pinacles, au-dessous desquels on aperçoit deux chimères.

 

Le clerc est revêtu d’une  dalmatique, dont le chef d’amict (le col) et la partie inférieure sont brodés. Il porte un manipule également brodé au bras gauche.

Ses yeux sont fermés. Son visage, imberbe, paraît jeune. Sa tête est nue et tonsurée. Il tient des deux mains le livre des Évangiles orné de fermoirs, le bas par la main gauche, la tranche  supérieure par la main droite. Il foule aux pieds un dragon.

De chaque côté de l’effigie sont alternées des fleurs de mauve (à cinq pétales) et des fleurs de lys qui ont été martelées. Aux angles supérieurs, de chaque côté du fronton, sont représentés une moitié de  disque solaire à la droite du défunt, et à sa gauche, un croissant de lune, tous deux environnés de nuages.

 

L’épitaphe

Les lettres affichent 4 cm de hauteur et sont espacées de 1 à 1,5 cm entre elles.

Les inscriptions sont en vers léonins. L’épitaphe se compose de cinq hexamètres et d’un pentamètre.

Certaines lettres, comme c’est d’ailleurs le cas pour l’ensemble des autres tombes, sont totalement illisibles (elles sont figurées entre parenthèses). Toutefois François de Guilhenny a retranscrit l’épitaphe de façon très scrupuleuse (in Inscriptions de la France du Ve siècle au XVIIIe siècle, l877, p.378-379).

 

Retranscription

Ligne 1 : HUIC DE  GASTINA   GUIDONI  X(PE)  [christe] (P)PI(NA) [propina]

Ligne 2 : GAUDIA DE  CELIS  IVSTUS  FUIT  ATQ FIDELIS MITIS  SOLLICITVS  Z DO(CT)OR lURE  PITUS [peritus]  PARI(S)IUS

Ligne 3 : (G)RATUS  I(B)I  (PB)ENDA  [prebenda]  DECORATUS

Ligne 4 : QUOD FUERIT TAL(I)S SCIT  CVRIA  PONTIFICALIS  CONSIDERANS  INOPEM DANS  PIETALIS  OPEM

Ici (repose) Gui de Gastine, ô Christ accorde lui les joies du ciel, il fut juste, fidèle,  doux, un savant infatigable,  expert de Paris en droit, décoré ici avec reconnaissance d’une  prébende, parce qu’il  fut comme la curie pontificale  ( ?), donnant de la considération aux pauvres en se livrant aux œuvres de piété.

 

L’épitaphe est  en  majuscules  gothiques  et  onciales.  Plusieurs  lettres,  cependant,  diffèrent selon les mots ; ainsi, le D, presque partout, ressemble à un Q inversé,  sauf à la ligne 4 (le mot « dans ») où c’est  une majuscule  gothique. Le U est tantôt un V (majuscule gothique), tantôt une  onciale. Le T est  soit un « t » (onciale), soit un T majuscule à trois branches verticales, celle du centre étant la plus grande ( 11’). Le C est tantôt majuscule, tantôt oncial. Le  A  possède  aussi  parfois  une  sorte  de  chevron  à la  place  de  la  barre transversale.

Les ligatures, petits traits qui se situaient au-dessus de certains mots, ont disparu.

 

Biographie de Gui de Gastine

Chanoine de la cathédrale de Paris, docteur en droit canon, il vécut au XIIIe siècle. D’après  le cartulaire de l’église de Notre-Dame de Paris, publié par B. Guérard, l’on sait qu’il assista le 9 octobre 1268  aux hommages à l’évêque Etienne Templier rendus par ses différents vassaux.

Il était également présent pour l’hommage fait au même prélat par le doyen de Saint-Marcel de Paris qui eut lieu le 22 février 1270, dans la maison épiscopale de Saint-Victor. On le trouve encore nommé comme chanoine de Paris, le 14 juillet 1270.

Enfin, l’obituaire de Notre-Dame de Paris fait mention, au 4 janvier, de la mort de Gui de Gastine, chanoine de Paris, et de Geoffroy, son frère, qui léguèrent à cette église 82 livres parisis pour leurs anniversaires.

L’année du décès de Gui n’est pas indiquée. L’épitaphe de la tombe de son frère Geoffroy de Gastine est cependant plus explicite.

 

Bibliographie

B. Guérard,  1850, t. I, p. 169, ch. CCVIIT ; p. 188, ch. CCCIII ; t. IV, p. 4.

A. Moutié, Cartulaire de Notre-Dame de la Roche, Paris, 1862, p. 254.

P. Huot, «Notice sur Notre-Dame de la Roche », dans  Bulletin monumental, XII, 1846,  p. 314.

F. de Guilhermy, Inscriptions de la France du Ve au XVllle siècle, Paris, t. Ill, 1877, p. 379-380.

J. Lebeuf, Histoire de la ville et de tout le diocèse de Paris, Paris, t. VIII, 1757, p. 46-47.

C. Sauvageot, Monographie de la chapelle de Notre-Dame de la Roche, Paris, 1863, col. 13.

 

 

La tombe de Geoffroy de Gastine

La tombe de Geoffroy de Gastine est située à côté de celle de son frère Gui de Gastine, dans le chœur des religieux, à la croisée du transept.

La tombe rectangulaire en pierre calcaire est très légèrement trapézoïdale.

Sa longueur est de 2,55 m ; sa largeur de  1,19 m à la base et de 1,16 m au sommet.

La hauteur du personnage est de 1,87 m. Le bandeau mesure 7 cm de large et il est placé à 3,5 cm du bord de la tombe.

Cette tombe, moins bien conservée que celle de son frère Gui de Gastine, est  brisée en plusieurs morceaux. Une importante  cassure traverse  la dalle au niveau de l’arcature. Une autre  se trouve à la hauteur de la taille du clerc, à la base de la tombe. Il manque des morceaux. L’on peut apercevoir des traces  de brûlure,  comme  pour la tombe  de Gui de Gatine.  Une dernière  fissure, de biais, se distingue  en  bas  à  gauche.

Toutes  ces  fractures  rendent  la  lecture  de  certaines  lettres impossible.

 

Description

Un arc trilobé simple,  porté par deux colonnes  à chapiteaux  ornés de feuillages  plats, abrite Geoffroy. Celui-ci  est  représenté  en  habits  cléricaux. Il porte  une sorte  d’ample surcot à capuchon avec des manches courtes et larges.

Sa tête est nue, ses cheveux tonsurés et ses yeux, fermés. Il a les mains jointes  et ses  pieds  reposent  sur un chien  accroupi.

Au dessus de l’effigie,  trois fleurs de mauve et deux fleurs de lys, martelées, encadrent son visage.

 

L’épitaphe

Les lettres affichent 4,5 cm de hauteur et sont espacées de 1 à 5,5 cm entre elles.

Les inscriptions sont en vers léonins. L’épitaphe se compose de cinq hexamètres et d’un pentamètre.

Les lettres sont des majuscules gothiques et des onciales. L’espacement est très irrégulier, notamment à la dernière « ligne » (où les lettres peuvent être espacées jusqu’à  5 cm). Sans doute parce que le tombier a eu plus de place qu’il n’avait prévu.

Certains mots sont coupés et se poursuivent sur la ligne suivante ( g  astina, can  onicu).

Les lettres qui désignent l’année, en chiffres  romains,  sont  plus  petites  que  les  autres,  et  surmontées  de  petits  ronds,  dont  la signification est indéterminée.

La dernière partie de la date est écrite en toutes lettres (quarto). Les F sont curieux (t.p ).

 

Retranscription

Ligne 1 :      HIC lACET  .  GAVFRIDVS  .   DE  .  G

Ligne 2     ASTJNA  .  CLER(IC)US .  IVXTA. FRATREM . SVVM . MAGISTRUM .   GVIDONEM. CAN

Ligne 3 :     ONI( CV)  .  (PAR)ISIENS   .  (QUI)  .

Ligne 4    (OB)IIT  .  (A)NNO  .  DNI .  M . CC. LXX . QVARTO . (P)RIDIE . NONAS .  IA(N)VARII.

Ci-gît le clerc Geoffroy de Gastine près de son frère Gui, maître en droit canon de Paris, qui mourut l’année (de Dieu) 1274, la veille des nones de janvier.

 

Les nones étaient le septième jour de mars, mai, juillet et octobre, mais le cinquième jour des autres mois. La veille des nones de janvier était donc le 4 janvier.

 

Biographie

Geoffroy de Gastine était simple clerc. On sait très peu de choses de lui. Toutefois, comme   pour son frère  Gui, sa date  de décès  est  mentionnée  dans  l’obituaire  de Notre-Dame de Paris, le 4 janvier. Cette  date est confirmée  et complétée par son épitaphe  sur laquelle  est précisée l’année  1274.

 

Le décès des deux frères se trouvant relaté au 4 janvier, on peut en déduire qu’ils sont tous les deux morts  ce jour  là, mais à quelques  années  d’écart.

En effet, l’épitaphe  de Geoffroy de Gastine précise qu’il  a été enterré à côté de son frère : celui-ci était donc déjà mort. Ainsi, le décès de Gui de Gastine  ne saurait  être antérieur  au 14 juillet  1270, ni postérieur  à l’année 1274.

 

Bibliographie

A. Moutié, Cartulaire de Notre-Dame de la Roche, Paris, 1862, p.255-256.

P.  Huot,  «Notice sur  Notre-Dame de la Roche»,  dans  Bulletin Monumental,  XII,  1846, p.314.

F. de Guilherrny, Inscriptions de la France du Ve au XVIIIe siècle, Paris, t. Ill, 1877, p.380-

381.

J. Lebeuf, Histoire de la ville et de tout le diocèse de Paris, Paris,  t. VITI, 1757, p. 46.

C. Sauvageot, Monographie de la chapelle de Notre-Dame de la Roche, Paris, 1863, col 13.

 

La tombe dite de Marguerite de Nanteuil (ou Marguerite de Thors)

L’emplacement originel de la tombe dite de Marguerite de Nanteuil est dans le bras sud du transept, devant l’autel  de Saint Jean­Baptiste.

La tombe en pierre calcaire est de forme trapézoïdale.

Sa longueur est de 2,30 m ; sa largeur de  0,79 m à la base et de 1,09 m au sommet.

 

La tombe est plutôt  bien conservée. Elle ne comporte aucune cassure et l’inscription se lit assez facilement, sauf à la base où, avec l’usure, les lettres ont été effacées, probablement en raison d’un passage important.  La tombe se situant juste devant  l’autel  de  Saint  Jean-Baptiste,  il devait  servir  régulièrement  pour célébrer des messes.

Les écussons sont bien conservés et n’ont pas été martelés. Ils devaient autrefois être colorés avec du métal (du plomb, peut-être) et du mastic (ou de l’émail), mais l’usure aura fait disparaître ces couleurs.

 

Description

La dalle est fortement  rétrécie vers les pieds. Son champ ne présente ni architecture, ni effigie, mais seulement deux grands écussons armoriés, terminés en pointe. Le cartulaire  précise : à dextre, il y a trois fasces jumelées (ce sont les armes du mari), tandis qu’à  senestre, les armoiries sont à deux fasces  (ce sont celles de la femme).

 

L’épitaphe

Lettres font 7 cm de haut et sont espacées de 4 cm. Il n’y a pas de bandeau.

 

Retranscription

Ligne 1 :  ICI   GIST  : MADAME

Ligne 2 : MARGUERITE :  FAME  : MONSEIGNEUR  : IAH(A)

Ligne 3 : (N    DE   NANTV)

Ligne 4 :  EIL  : PRIEZ : POVR    LI

Les majuscules gothiques sont particulièrement belles et exécutées avec soin (les traits sont profonds). Elles  ne  sont  pas  contenues  dans  un  bandeau,  ce  qui  n’empêche  pas  un  format  et  un espacement très réguliers.

Cependant, la calligraphie n’est pas toujours régulière: les M sont tantôt des majuscules gothiques (M), tantôt des onciales ( Si). Les A sont presque tous différents: fi:\ /A   M   /l  et les U sont tantôt des V (majuscules gothiques), tantôt plus arrondis (onciales : \/\ ).  Aucune ligature ne se trouve au-dessus des mots.

 

Une histoire controversée

Les armes présentes sur la tombe ont fait pendant longtemps l’objet de controverses.  Cette tombe a toujours été identifiée, avec quelques réserves, comme étant celle de Marguerite de Lévis, fille unique de Milon de Lévis et sœur de Gui I.

En épousant, Jean de Nanteuil vers 1239, elle lui avait apporté la seigneurie de Lévis.

Mais, même si les armoiries « à trois fasces jumelées (à dextre), étaient…  incontestablement les  armoiries  de Nanteuil…  », A. Moutié  fait  remarquer  que  le  blason  qui  figure à senestre, présentant deux fasces, est inexact.

En effet, Marguerite de Lévis portait, comme toute sa famille, « d’or  à trois chevrons de sable ». Or, il semble impensable que le tombier ait commis une telle erreur sur le blason.

A. Moutié suppose donc que cette Marguerite était, soit la femme d’un  autre Jean de Nanteuil, soit la seconde femme de celui qui fut seigneur de Lévis, portant le même prénom que la première, fille de Milon.

Le savant estime que, dans ce dernier cas, on pourrait rattacher cette femme à la famille de Garlande, qui portait « d’or à deux fasces de gueules ».

Il s’appuie sur le fait que  les Garlande, comme les Nanteuil, étaient originaires de la Brie.

 

Or, un article très intéressant  écrit  par un généalogiste, E. Richemond, paru quelques années après l’ouvrage de Moutié, remet en question cette attribution qui, bien qu’erronée,  tentait pour la première  fois  de  trouver  une  solution  à l’énigme  des armoiries.

Cet  article,  en  étudiant l’origine  de  «Jean  de Nanteuil»,  jusque là très confuse, permet d’ouvrir  de  nouvelles perspectives.

Il démontre que les historiens et les généalogistes ont commis des méprises à propos de Jean de Nanteuil, époux de Marguerite de Lévis. Ce n’était, en fait, pas un Nanteuil de la Brie, mais un Nemours, sire de Nanteau-sur-Lunain.

Les sires de Nanteau-sur-Lunain, modestes barons du Gâtinais, ont été confondus  jusqu’ici  par les érudits avec les seigneurs de Nanteuil, installés dans la Brie. Le véritable nom de   «Jean de Nanteuil » était en fait Jean de Nanteau. Il était le petit-fils de Jean, dit de Nemours.

Celui-ci possédait un fief appelé en latin« Nantolium ». C’était même sa résidence principale, puisque ses enfants en ont tiré leur nom patronymique. Ce fief, hérité de sa mère, était celui de Nanteau-sur-Lunain (situé dans l’actuelle  Seine-et-Marne), et il fut légué à son fils aîné Gautier, puis à Jean, fils de ce dernier.

Ce Jean lll, né peu après 1215 n’était pas chambrier de France, comme l’affirmait le père Anselme. E. Richemond le démontre. Il épousa, avant 1239, Marguerite de Lévis, fille de Milon.  Parti pour la croisade en 1248 et cité par Joinville sous le nom de« Jean de

Nanteil », il fut à son retour placé au service du comte de Poitiers. Il fut ensuite institué seigneur de « Tourz » ou « Torz ».

D’où pouvait provenir cette soudaine investiture? E. Richemond présume que Jean de Nanteau s’est remarié après 1255 ce qui conduirait à voir dans l’inhumée de La Roche une Marguerite de Rochefort, dame de Thors.

Cette hypothèse se défend puisque la fille de Milon n’est  plus citée après 1255.  D’autre  part, E. Richemond  parvient à prouver que Jean de Lévis eut deux filles qui n’héritèrent  pas de la seigneurie de Lévis à la mort de leur père. Elles n’étaient donc pas nées de son premier mariage.

En résumé, on peut supposer que Jean III de Nanteau, alias Jean de Nanteuil, s’est  remarié avec une Marguerite de Rochefort, dame de Thors, ce qui concorde avec le blason à deux fasces, puisque les Rochefort (de Chars) portaient « de gueules à deux fasces d’or ». La tombe serait donc celle de cette femme.

Par ailleurs, le sceau de Jean III de Nanteau est armorié des trois jumelles distinctives du blason de Nemours (portant de sinople, à trois jumelles d’argent, à la bordure engrêlée de gueules), blason qui n’a  rien de commun avec celui des Nanteuil-le-Haudouin (portant six fleurs de lys), ni avec celui des Nanteuil-la-Fosse (portant trois pals de vair sous un chef chargé d’un lionceau), et qui correspond précisément aux armes qui figurent à dextre. Le  mariage  de  cette  femme  avec  Jean  de  Nanteau,  seigneur  de  Lévis et  bienfaiteur  de l’abbaye, suffit à justifier la présence de sa pierre tombale dans cette abbatiale.

 

Bibliographie

A. Moutié, Cartulaire de Notre-Dame de la Roche, Paris, 1862, p. 252, 322-328.

P. Huot, «Notice sur Notre-Dame-de-la-Roche», dans  Bulletin monumental, XII, 1846,  p. 313-314.

F. de Guilhermy, Inscriptions de la France du Ve au XVIII e siècle, Paris, t. III, 1877, p. 376-377.

J. Lebeuf, Histoire de la ville et de tout le diocèse de Paris, Paris, t. VITI, 1757, p. 47.

E.  Richemond,   «Jean III de  Nanteau-sur-Lunain,   pseudo  chambrier   de  France»,  dans Annales de la société du Gâtinais, 1901, p. 12-20.

E.  Richemond,  Recherches généalogiques sur la seigneurie de Nemours du Xllau XVe siècle, Fontainebleau, t. il, 1908, p. 245.

C. Sauvageot, Monographie de la chapelle de Notre-Dame-de la Roche, Paris 1863, col. 13.

 

 

La tombe dite de Marguerite (ou Marguerite de Nanteau)

L’emplacement originel et actuel est dans le bras sud du transept, devant l’autel  de Saint Jean- Baptiste, à côté de la tombe dite de Marguerite de Nanteuil ou Marguerite de Thors.

La tombe  en pierre calcaire est de forme trapézoïdale.

Sa longueur est de 2,42 m ; sa largeur de  1,01 m à la base et de 1,14  m au sommet.

 

Description 

Cette  plate-tombe  est  la  seule  de  cet  ensemble  qui  ne  soit  pas  figurée. Cependant, son identification, jusque-là indéterminée, et son lien direct avec la tombe précédente, suffisent à justifier l’intégration de cette dalle à l’ensemble.

Comme sa voisine, cette lame est de grande taille et présente une forme trapézoïdale.

La plate-tombe est très abîmée. Les caractères sont à moitié effacés, notamment à la base de la tombe. On discerne clairement le rajout d’un  morceau provenant d’une autre tombe, de couleur plus claire, sur le côté droit de la dalle (quand on la regarde).

 

Inscriptions

Ligne 1 :    CI   GIST   MA(DIENM)E    M(A)

Ligne 2 :    (R )GER(ITE)    (FILE)      [ 0 +RATE (P E)O   (PR)I(M)O  DIE  (MA)]  152     (D)E  P?…

Ligne 3 :    (LQ)   [laquelle] (TR)E(PA)SA     L(AN)

Ligne 4 :  DE  GRAC(E)  M(CCC)  (E)  (III) 153 (AV)  MOIS  (GINN)ET [juillet] PEZ  PLI [priez pour li]

 

Les lettres sont des capitales gothiques et des onciales. Elles prennent place dans un bandeau. L’espace qui les sépare est irrégulier.

Dans la phrase de prière, les caractères sont particulièrement serrés, car le tombier a sans doute été surpris par le manque de place.

Les deux dernières lettres (LI) sont d’ailleurs  beaucoup plus petites que les autres. À la deuxième ligne, dans le morceau de pierre tombale rajouté, une petite croix apparaît au milieu du mot « orate ».

Le fragment rajouté provient d’une tombe, aujourd’hui  disparue, mais  que J. Lebeuf avait décrite. Il s’agissait d’une tombe d’abbé, figurée, portant l’inscription suivante :

IDC  lACET   MAGISTER   DIONISUS

QUONDAM  ABBAS HUJUS ECCLESIE  QUI  OBITT ANNO DOMINI  M  CCC  XXI DIE  MARTIS   ANTE   FESTUM   B.BENEDICTIT  ABBATIS

ORATE  P  EO  AMEN

 

Les mots orale p eo et  primo die ma … se retrouvent, en effet, dans l’épitaphe de Marguerite de Nanteau (ils sont placés entre crochets), à l’exception  du mot primo. Il est possible que ce mot ait été mal retranscrit par Dom Toulouze, à qui l’on doit la connaissance de cette épitaphe.

Deux morceaux de cette ancienne tombe -qui datait du début du XIVe siècle- ont donc été adaptés à celle de Marguerite, entre le milieu du XVIIIe siècle, époque à laquelle J. Lebeuf décrivit cette tombe, et le milieu du XIXe siècle.

Cette tombe d’abbé fut certainement détruite sous la Révolution. L’un de ces morceaux devait être situé au coin de la tombe du religieux, puisque le  bandeau   encadrant   les  lettres   forme   distinctement   un  angle   droit.   Ce  genre  de « restauration » sur une plate-tombe est très rare.

Par ailleurs, le reste de la dalle est également détérioré, car la plupart des lettres sont effacées, notamment à la base de la tombe.

 

L’histoire de la tombe de Marguerite

Cette tombe, dont les caractères sont à moitié effacés, n’a jamais pu être identifiée. Elle n’est accompagnée d’aucun élément susceptible de fournir des indications supplémentaires (armoiries, nom de famille…)

Cependant, A. Moutié se hasarda à supposer qu’il  pouvait s’agir, étant donné la proximité de cette sépulture avec celle, armoriée, de l’autre Marguerite, de la  tombe d’une  personne unie avec la précédente par d’étroits liens de parenté. Ces deux dalles pouvaient appartenir à la mère et sa fille, par exemple.

Il imagine même la suite de l’inscription  à la seconde ligne:  … MARGERITE FILE [MONSEIGNEUR JEHAN DE NANTEUIL SEIGNEUR  DE  LEVIS]. Mais A. Moutié, avisé, n’émet  cette hypothèse qu’avec la plus grande prudence, reconnaissant  son ignorance face à la postérité éventuelle de Jean de Nanteuil.

Parmi les érudits qui se sont penchés sur les tombes de Notre-Dame de la Roche, il est le seul à être allé aussi loin dans sa tentative d’identification.

La théorie de A. Moutié, selon l’article de E. Richemond, serait très proche de la vérité. En fait, il est très vraisemblable que cette tombe appartienne à la fille de Jean de Nanteau et de Marguerite de Rochefort, dame de Thors. En effet, même si la plupart des biographes, parlant de Jean de Nanteau sous le nom de Nanteuil, n’octroient  à ce dernier aucune postérité, André Du Chesne  serait le seul à préciser, selon E. Richemond  que le mariage       «  de sa fille ou de sa sœur » fit tomber la seigneurie de Thors dans le patrimoine des Vivonne.

Après des recherches sur le destin des fiefs de Thors et de Nanteau, Richemond  affirme détenir la certitude que Jean de Nanteau eut deux filles, dont une Marguerite, qui fut dame de Nanteau. La preuve de son existence et de l’attribution  qui lui fut faite de la seigneurie de Nanteau découle d’un renseignement donné par A. Du Chesne.  Cet historien, généralement bien documenté, explique qu’en 1335, l’ « hôstel »de Nanteau-sur-Lunain et les arrières fiefs en dépendant, furent vendus à Hue de Bouville et à sa femme par les enfants de Pierre de Guigneville et Marguerite de Nanteuil-la-Fosse. Il ajoute que les vendeurs tenaient ces biens de leur mère, fille de Gaucher IV de Nanteuil (et de Marguerite de Nanteau, femme de Gaucher).

Cette circonstance démontre que Nanteau leur venait de leur grand-mère maternelle.

A. Du Chesne déclare ne connaître ni son nom ni son origine. Si  c’est par elle que son mari est devenu  propriétaire  de Nanteau à la fin du XIIVe siècle, ne peut-on pas en déduire qu’elle  était la fille et héritière de Jean III de Nanteau, mort vers 1271 ? Il est à peu près certain, d’après  les habitudes du temps, que mère d’une  Marguerite de Nanteuil et fille d’une Marguerite de Thors, elle portait ce même prénom. C’est pourquoi E. Richemond n’hésite pas à lui attribuer cette dalle tumulaire.

Cette conjecture, fort plausible, s’harmonise avec la date de 1303, époque à laquelle Marguerite de Nanteau pouvait avoir environ cinquante ans. L’alliance  de la dernière des Nanteau avec un Nanteuil a certainement contribué aux confusions engendrées par cette similitude de noms propres.

 

Bibliographie

A. Moutié, Cartulaire de Notre-Dame de la Roche, Paris, 1862, p. 253.

F. de Guilhermy, Inscriptions de la France du Ve au XVe siècle, Paris, t. III, 1877, p. 377.

E.  Richemond,  «Jean   III  de  Nanteau-sur-Lunain,  pseudo  chambrier  de  France»,   dans Annales de la société du Gâtinais, 1901, p. 20-24.

E. Richemond, Recherches généalogique sur les seigneurs de Nemours du XIIe au XVe siècle, Fontainebleau, t. II, 1908, p. 246-247.

C. Sauvageot, Monographie de la chapelle de Notre-Dame-de la Roche, Paris, 1863, col. 13.

 

La tombe de la bourgeoise de Neauphle

A l’origine, elle était située  dans l’entrée de la nef, entre les deux jambages de la grande porte à laquelle elle servait de seuil. Elle était placée dans son sens longitudinal. 

Cette tombe est désormais dressée contre le mur ouest de l’église, à côté de la porte, à gauche en entrant.

En pierre calcaire granuleuse, cette tombe est de forme trapézoïdale.

Sa longueur est 2,30 m. Sa largeur de 0,97 m à la base et 1,18 m au sommet.

La hauteur du personnage est de 1,54 m.

Le bandeau est large de 7,5 cm, placé à 3 cm du bord pour les petits côtés, et de 2,5 à 11,5 cm du bord pour les grands côtés. Il forme, à l’instar de la dalle, un  trapèze.

La tombe, qui était située à l’entrée  de l’église  jusqu’à  une époque récente, est un exemple caractéristique des monuments tumulaires constamment foulés aux pieds des fidèles : elle est donc très usée et assez abîmée. L’effigie  ne se voit presque plus : le haut de corps et les anges, notamment, sont très usés. Il manque un morceau à droite et deux autres sont sur le point de tomber. Une partie de la pierre juste au-dessus de la tête s’est  effrité. Les lettres en partie effacées. Le bas de la tombe est noirci.

 

Description

La défunte, dont les yeux sont ouverts, est coiffée d’une  guimpe et vêtue d’une  longue robe très simple (un surcot droit et large), sans ornement. Elle est placée sous un arceau cintré à trois lobes, qui retombe sur deux consoles à chapiteaux feuillus, et dont le pignon, bordé de crossettes, est terminé par un fleuron, qui dépasse sur le bandeau.

Aux écoinçons, deux anges, ailes déployées, sortent des nuages en encensant la défunte. Elle écrase du pied droit la tête d’un dragon qui tire la langue et dont la queue se recourbe sous le pied gauche.

Ses mains sont jointes sur la poitrine. Un chapelet pend de son bras droit.

 

L’épitaphe

L’épitaphe commence à la moitié du côté supérieur.

Les lettres sont hautes de 4,5 cm et espacées de 1 à 2 cm.

 
 

Inscriptions

Ligne 1 :  CD . GIST. ISABE

Ligne 2 : FAME.  lAD . FEU . S(IM)O . (FOI)NET . DE . NEAUPID..-E. LE . CH(AT)EL.  DU . QL. PRTIE . DE . SOSEMET(S)

Ligne 3 : GIT . SI . LAQELE . TRPASA . LA . (M)

Ligne 4 : CC . lllIXX . XVTI  163  . Q. FUDER(ET).  SE(T). (AUTEL). Z . (ME)SE. (DE). (R)EQ(M). (PR)IE(Z). (P)O(R) . (L)ES . (AME)S .

Ligne 1(début) : (Q). (DE)X. (AIT). M

 

Ci-gît Isabeau femme jadis feu Simon Foinet de Neauphle le Châtel duquel partie de ses ossements gît ci laquelle trépassa l’an 1297 qui fondèrent cet autel et messe de requiem. Priez pour les âmes que Dieu ait merci.

 

Les caractères sont composés de majuscules gothiques et d’onciales. Certaines lettres se ressemblent beaucoup : le F (P) et le A (  ‘(\  ). Le texte,  écrit  en  français, selon A. Moutié :

« peut  passer  pour  un curieux  spécimen  de  la cacographie de la fin du XIIIe siècle». Des lettres manquent et d’autres sont rajoutées (comme par exemple « sosemets » pour « ossements »).

À la ligne 3, le premier E de « laquele » est  plus petit et placé plus haut que les autres lettres, comme s’il s’agissait d’un exposant. La même astuce a été employée pour les chiffres romains, à la ligne 4, précisant  la date du décès : les deux  X sont de très petite taille,  placés au-dessus des chiffres qui précèdent. Ainsi, IIIIXX  XVII a été interprété comme étant quatre-vingt dix- sept. Cette manière de présenter la date (qui devrait normalement être écrite de la façon suivante: MCCXCVII) est un autre exemple de la curieuse cacographie caractérisant  cette tombe.

 

Biographie d’Isabeau

Cette femme était une bourgeoise de Neauphle, « bienfaitrice du XIIIe siècle ». Isabeau et son mari Simon avaient fondé dans l’église de La Roche un autel jadis situé à proximité de leur tombe, comme l’indique le pronom démonstratif cet autel était sans doute situé à l’entrée de la nef, à droite de la porte principale, sous un arceau. Il semble avoir été détruit depuis longtemps, car l’abbé Lebeuf n’en parle pas.

La même dalle recouvrait une partie des ossements du mari, décédé avant sa femme, ce qui est exceptionnel. Ainsi, selon l’épitaphe, Isabeau décéda en 1297.

 

Bibliographie

A. Moutié, Cartulaire de Notre-Dame-de la Roche, Paris, 1862, p. 258-259.

P. Huot, «Notice sur Notre-Dame de la Roche», dans Bulletin monumental, t. XII, 1846, p.313.

F. de Guilhermy, Inscriptions de la France du Ve au XVllle siècle, Paris, t.III, 1877, p. 382-383.

J. Lebeuf, Histoire de la ville et de tout le diocèse de Paris, Paris, t. VIII, 1757, p. 47.

C. Sauvageot, Monographie de la chapelle de Notre-Dame de la Roche, Paris, 1863, col.13.

166 J. Lebeuf, 1757, p. 47.

 

La tombe de Roger de Lévis

Roger de Lévis

Roger de Lévis

 

L’emplacement originel et actuel de la tombe est le chœur, à droite de l’autel (du côté de l’Évangile), juste au-dessous de la sculpture   funéraire de Gui III, son aïeul.

La tombe rectangulaire en  pierre calcaire est longue de 1,94 m et large de 0,94 m du sommet à la base. L’effigie mesure 1,16 m.

Le bandeau, placé à 3 cm du bord affiche 5cm de large.

La tombe est brisée. Les multiples fractures proviendraient de la chute de la statue de Gui III, que  les  Révolutionnaires abattirent.

Trois  grandes  fractures traversent  la tombe de biais. La dalle est également assez usée. Le foisonnement  de décorations ne facilite pas la compréhension de l’ensemble.

Les écussons gravés en profondeur, devaient être colorés, comme ceux de Marguerite  de  Thors. L’usure les aura  fait disparaître.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Description

Roger de Lévis (détail)

Roger de Lévis (détail)

Le jeune garçon, presque  un enfant, semble-t-il,  est vêtu d’une cotte aux manches serrées par des boutons, d’un  surcot et d’un  manteau garni de vair. Sa tête est nue, ses cheveux courts et frisés, ses mains jointes sur la poitrine. Ses yeux sont ouverts. Il foule aux pieds un lion.

Le personnage  est représenté  sous un arc brisé  polylobé  porté par de doubles colonnettes à chapiteaux  végétaux. L’extrados de l’arc  est orné de crossettes  et d’un  fleuron.

Les piédroits de cette arcature sont décorés chacun de trois niches abritant des figurines de religieux. Ils sont représentés dans diverses attitudes. Tenant des livres à la main, ils semblent  lire des prières.

Au sommet, deux pinacles  encadrent un entablement d’architecture. Trois arcades s’y ouvrent.  En ogive subtrilobée, elles sont surmontées  de frontons triangulaires  dont le tympan est tréflé.

Sous l’arcade  centrale  figure  Abraham,  debout. Il reçoit  dans son giron  un enfant  nu en prière : l’âme du défunt. Le prophète est encadré  de deux anges, portant des flambeaux,  occupant les arcades latérales.

Deux écussons sont disposés de chaque côté de la tête de l’enfant.

 

 

 

 

L’épitaphe

Les lettres font une hauteur de 3 cm. Elles sont espacées de 1,5 à 2,5 cm.

L’inscription est presque intégralement  conservée.

 

Inscriptions

Ligne 1 : ANO [anno] : DNI [domini]: M : CCC: XIII : QNT [quinto] DE

Ligne 2 : CIMO: KALLAS [kalendas]: MADII : HOBIIT : ROGERI’ [rogerius]: Fll..I’ [filius] : NOBILIV [nobilium] : DNI [domini] : IOHIS [ioannis]

Ligne 3 : DE : LEVIS: DNI [domini] : MIRAPIC’ : (ET) :

Ligne 4 : DNE [domine]: 9STANCI(E) [constancie]: DE: FVXO : CVIVS : AIA [anima]: (R)EQV(IE)S(CAT) :  IN : (P)A(CE) : AMEN

 

L’année du seigneur 1313, le quinzième jour des calendes de mai mourut Roger, fils du noble seigneur Jean de Lévis, seigneur de Mirepoix et de dame Constance de Foix. Que son âme repose en paix. Amen.

Les  lettres  sont  des  majuscules  gothiques  et  des  onciales.  Outre  les  ligatures,  assez nombreuses, on peut remarquer comme des apostrophes à côté de plusieurs mots (« rogeri», « fili »), ainsi que« 9 », à la quatrième ligne.

Les lettres sont soignées, et le F, curieux : rp.

 

Biographie

Le jeune Roger de Lévis était né du mariage de Jean de Lévis, premier du nom – et fils de Gui III- avec Constance, fille de Roger-Bernard  III, comte de Foix et de Marguerite de Moncade, vicomtesse  de Béarn. Le mariage fut célébré le 2 février 1299, en présence de Gui Ill. Comme on peut le lire sur son épitaphe, Roger décéda le 11 des calendes  de mai 1313, c’est-à-dire le 17 avril.

Il trépassa donc très jeune (à treize ans au plus), bien avant ses parents, morts en 1318 et 1332.

 

Bibliographie

A. Moutié, Cartulaire de Notre-Dame-de la Roche, Paris, 1862, p. 251-253.

P. Huot, «Notice sur Notre-Dame-de la Roche», dans Bulletin monumental, t. XII, 1846, p. 314-315.

F. de Guilhermy, Inscriptions de la France du Ve au XVllle siècle, Paris, t.III, 1877, p. 384-385.

C. Sauvageot, Monographie de la chapelle de Notre-Dame-de la Roche, Paris, 1863, col. 13-14

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